lundi 11 août 2014

Réflexions sur d'anciens comptoirs au soleil ?

Les voyages permettent de vivre ce que les livres peinent à rendre compte. En visitant deux sites que l'on peut qualifier de "paradisiaques", au moins pour quelques heures, on peut en tirer quelques conclusions sur les empires passés, et finalement peut-être sur notre monde. Le premier site est celui de Tulum au Yucatan (Mexique) et le second est celui de Claudio Bolonia, en Espagne. 

Temple du Dieu Vent
Temple des fresques


Tout d'abord ces quelques photos – dans lesquelles on ne voit plus guère les points de défense de l’époque - vous montrent que l'on peut installer des comptoirs stratégiques dans des zones agréables à regarder. Les planificateurs contemporains seraient inspirés de ne pas l'oublier.

Ces deux sites situés de part et d'autre de l'Atlantique n'ont pas de relation connue mais correspondent à des points clés du commerce régional. Le premier actif principalement au Moyen-âge permettait l'accès à l'ensemble de la zone Caraïbes et Amérique centrale. Le second, actif sous l’Antiquité, se situe à l'entrée atlantique du détroit de Gibraltar ce qui le place dans une zone clé du sud de la péninsule ibérique, à quelques encablures du Maroc. 

Vue du site. En fond Maroc et détroit de Gibraltar
Vue à partir du site archéologique.

Tout cela m’amène quelques réflexions de comptoirs (où la tequila bandera côtoie le Malaga) qui dépassent ces deux prétextes que sont Tulum et Caudio Bolonia.
  • Les emplacements stratégiques pour les comptoirs (coloniaux cette fois) se situent aux croisées des routes économiques et militaires d’une époque. Cela signifie que l’emplacement n’est pas stratégique en soi mais dépend grandement de l’activité humaine, militaire et économique.
  • La mer ou plutôt les espaces navigables sont parmi les principaux vecteurs de développement des grandes civilisations et des empires, comme vecteur de puissance ou d’échange économique. On s’aperçoit souvent que les grandes civilisations qui n’avaient pas d'accès maritimes s’appuyaient sur la navigabilité de grands fleuves et disposaient d'Etats clients pour cette facilité.
  • Cependant, l’aménagement de tel ou tel point d’une côte ne perdure que s’il est lié à un centre politique viable. Ceci pose le problème des moyens de communication adéquat. Un comptoir colonial n’est que l’extension politique de sa métropole. Si les moyens de communication ou la métropole tombe, il tombe de lui-même.
  • Ceci n’explique pourtant pas pourquoi, certains comptoirs même repris par d’autres sont abandonnés à un moment donné. Les épidémies, les changements économiques et politiques n’expliquent pas tout. Je pense qu’il faut prendre en compte le caractère darwinien de ces places fortes.
  • En concurrence au sein de leur espace politique avec d’autres places fortes et économiques, elles n’ont simplement pas su perdurer et en dessous d’un certain seuil, sont mortes…

Positivons, cela permet de diposer maintenant de lieux touristiques exceptionnels ! Bonnes vacances...

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