dimanche 19 mai 2013

Biologique et culturel : quelle proportion ?


Sexes et races, deux réalités me fait réagir. Tout d’abord, il faut convenir qu’il existe deux phénomènes sélectifs (coopérants et concurrents) pour les Sapiens : la sélection naturelle (biologique) et la sélection culturelle. Cette dernière différencie l’homme de l’immense majorité des animaux.


La(es) théorie(s) du genre n'évacue pas le biologique, elle dit qu'il existe un sexe biologique (homme, femme) et un genre (homme, femme) fondé sur le culturel. Le culturel dans ce cas s’appuie sur le biologique.
Cela signifie qu’un homme biologique peut être femme ou homme culturel et qu’une femme biologique peut être une femme et homme culturel. Cette approche a l’avantage de lisser les « non conformités » biologiques lorsque le sexe est mal défini car la nature comme nous tous n’est pas parfaite. Ceci étant les « non conformités » culturelles existent lorsque le genre de la personne n’est pas bien défini. Lorsque l’on mixe ces deux non conformités, on arrive rapidement à des situations très diverses qui paraissent parfois incompréhensibles à ceux (l’immense majorité) dont le sexe et le genre concordent parfaitement et qui forment le socle de notre société. Pourtant, le mariage qui scelle d’abord l’union de deux familles, est déjà un moyen de contourner le biologique parce qu’on le veuille ou non, le modèle initial est religieux. La famille culturelle (réelle) ne coïncide pas toujours avec la famille biologique même s’il est plus simple de le croire… Le mariage religieux avait/a aussi cela pour vertu. Tout le débat du mariage pour tous en France tourne finalement autour de : la conformité prééminente doit-elle être biologique ou culturelle ? La question de fond est pourtant culturelle : jusqu’où accepte-t-on que le culturel change le biologique ? Quelle doit être la proportion de chaque système sélectif ? Cette question est éminemment philosophique, politique et personnelle, je laisse chacun y répondre.

La question de la notion de race est inverse. Elle correspond ontologiquement à modifier le biologique (générations suivantes), au-delà de soi (sa génération), par le biais du culturel comme c’est le cas pour la gestation pour autrui ou la procréation médicalement assistée pour des personnes en pleine santé. Le Sapiens actuel a éliminé les autres races comme le Neandertal. La sélection biologique se fait maintenant au sein du groupe sapiens et une sélection culturelle féroce fait rage depuis des millénaires et fait ce que nous sommes. A partir de différences culturelles, pour les hommes, il a été théorisé des différences physiques à partir de traits différents de familles d’individus. En comparant avec certains animaux dont la classification a été réalisée par l’homme, la notion de race a été développée. Pour les animaux de compagnie, la race culturelle a formé les races biologiques. L’exemple du chien est édifiant. Entre un Yorkshire et un Danois, on peut conclure effectivement aux différences... créées par l’homme. Pourtant, il est des classifications difficilement discutables comme la famille (ethnie) par rapport aux origines, nationalité par rapport à l’union politique, ou le pays par rapport à la géographie. La notion de race est définie sur quels critères ? La couleur de la peau ? La composition du sang ? La composition génétique ? La taille du cerveau ? La forme du visage ? Etc. La notion de race serait alors l’équivalent de la théorie du genre pour le biologique avec des critères plus spécieux. En outre, la différence est bijective entre le critère et l’observation pour les animaux et non pour l’homme. Quand on regarde de près, selon les critères choisis, on théorise le biologique à partir du culturel. Ceci est pratique pour les plantes et les autres animaux mais reste plus gênant pour ses congénères. Pourquoi ? Parce que la sélection biologique appliquée aux être humains en tant qu’individus est étendue intellectuellement à la sélection entre « races », ce qui au final se termine généralement mal pour un des groupes déterminés. C’est une conséquence très fâcheuse mais pas une cause de la nécessité de développer un concept de race qui ne rend pas compte des confrontations au sein de la « race ».

Un exemple concret. Si madame Rice peut être classée comme plus foncée que ses trois « collègues » masculins, les différences culturelles classent les deux de gauches dans les noirs (bien que Powell soit le plus clair des quatre sur la photo) et les deux de droite dans les blancs.

La notion de race induit aussi la notion de métissage qui n’est pas plus utile et celle de discrimination raciale, aussi difficile à saisir que le concept en vertu duquel la personne est discriminée. Le problème est que beaucoup confondent les différences ethniques avec les différences raciales. Cette notion d’ethnie est plus féconde car elle repose sur des bases observables à la fois biologiques et culturelles. Supprimer la notion de race dans les textes n’aurait pas de sens si elle n’était pas remplacée par une notion mieux définie et tangible. L’ethnie permet de rendre toute la complexité de l’intrication du biologique et du culturel et offre l’avantage de supprimer conceptuellement les notions fourre-tout de race et de métissage. Elle permet de recouvrir la réalité complexe de la discrimination ethnique, quelles que soient les groupes visés par un autre groupe. En effet, les différences ethniques expliquent en partie les confrontations et coopérations entre humains au plan individuel, local, régional ou international.

En résumé, oui il existe des sexes « biologiques » et maintenant manifestement culturels (genre), ainsi que des différences biologiques et culturelles entre groupes humains, entre ethnies. L’enjeu véritablement stratégique et vital d’une société - qui doit rester pacifiée -, dans ces domaines, est donc de définir la part à accorder au biologique et au culturel plus que d’entrer dans un délire délétère visant à nier totalement l’un au profit de l’autre ! 

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