dimanche 29 janvier 2012

Quelle(s) doctrine(s) de cyberdissuasion?

Dans un billet récent, je discutais de la contribution du cyber à la dissuasion avec CIDRIS. Le quatrième modèle me parait le plus efficace mais les autres modèles ne doivent pas être exclus totalement, dans un contexte différent. La symétrie des dissuasions existe rarement surtout dans un monde qui n'est plus bipolaire depuis plus de 20 ans !

Présentation du rédacteur en chef : En un peu plus d’un demi-siècle, informatique et Web ont profondément modifié nos modes de vie, en bien comme en mal. Sur ce dernier point, il ne se passe pas de jour sans que l’on évoque des cyberattaques. Le cyberespace s’impose désormais comme un espace supplémentaire de confrontation, entre individus certes, mais aussi entre groupes malfaisants et institutions, et entre Nations.

C’est ce thème qu’abordent les auteurs [Hubac-Dossé]. Après un rappel des fondamentaux de la dissuasion en général, puis des principes et des caractéristiques de la dissuasion nucléaire, ils examinent, par une approche comparative, la possibilité d’une dissuasion dans le cyberespace. In fine, ils proposent à la réflexion du lecteur quatre modèles de cyberdissuasion envisageables.

À la suite de la sortie de l’International strategy for cyberspace, publié le 16 mai 2011 par la Maison-Blanche, le Pentagone a laissé entendre, début juin, qu’une cyberattaque contre ses intérêts vitaux pouvait être considérée comme un acte de guerre et que les États-Unis seraient ainsi fondés à y répondre par la force. La riposte ne se limiterait pas au cyberespace, mais serait envisagée à l’échelle de tous les espaces de bataille (terre, air, espace, mer et cyber). Cette évolution n’est pas neutre. Jusqu’à présent, les attaques menées depuis le cyberespace n’étaient pas considérées comme relevant stricto sensu du champ militaire et du droit international public afférent. La posture adoptée par l’exécutif américain introduit la possibilité de stratégies d’action et d’interdiction incluant le domaine cyber. Dans cette conception, les moyens d’action du cyberespace pourraient donc contribuer à une dissuasion globale et omnidirectionnelle incluant l’intégralité des espaces de bataille.
Si la dissuasion est aussi ancienne que la guerre, elle a cependant rarement fonctionné. S’interroger sur la cyberdissuasion réclame de revenir d’abord sur la définition même de la dissuasion et de ses conditions effectives de mise en oeuvre, avant d’envisager le potentiel dissuasif d’une cyberattaque et la façon dont il conviendrait d’imaginer l’utilisation pratique.
L’affrontement dans et par le cyberespace alimente aujourd’hui plus d’un fantasme. Après les armes de destruction massive, l’ère informatique permettrait l’avènement d’armes d’un nouveau type, celles dites de perturbation massive, qui seraient à même de plonger nos sociétés contemporaines dans un black-out total. Lire la suite.


Cet article a été publié dans le numéro hors-série de DSI d’août-septembre 2011 est reproduit dans les Cahiers du CESAT avec l’aimable autorisation de la rédaction de cette revue. Vous pouvez acheter ce numéro qui regorge d'articles intéressants. 





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