mardi 29 mars 2011

Le cycle AADA alternative à OODA

Dans mon article The rise of intrastate wars publié en août 2010, sur le SWJ blog, dans un article à paraître dans la Revue défense nationale en avril 2011 et dans Les guerres low cost, je présente sans le décrire précisément un cycle décisionnel alternatif à la boucle OODA. Je vous présente aujourd'hui quelques éléments complémentaires (mais non complets). Dans la démarche exposée, il s'agit de substituer une pensée "en parallèle" à une pensée "en série", pour pouvoir accélérer le tempo global des opérations (l'accélération de l'OODA créant une surchauffe du système plus qu'une augmentation de son efficacité globale).


Chaque partie du cycle (Act&sense, Assess, Decide, Adapt) correspond à un processus qui, sans action extérieure, se poursuit selon les actions librement menées par les acteurs de ce processus, dans un cadre défini. Ceci repose sur l'intelligence, l'instruction, l'intrépidité et l'initiative de ces acteurs. 

Néanmoins, pour être efficaces ces processus doivent être coordonnés grâce aux ordres, comptes rendus (CR), demandes, CR renseignement, évaluations, retours d'expériences, plans, doctrines, etc. 

Plus ils sont nombreux, plus les processus sont liés et synchronisés et moins ils sont rapides. Moins ils sont nombreux, moins les processus sont liés et synchronisés et plus ils sont rapides.

Ainsi, le cycle AADA semble plus adapté à un commandement par objectif (1) qu'à un commandement par ordre (2), pour lequel l'OODA a été progressivement adapté (la vision initiale de Boyd était moins encline à une pensée en "série").

Cette ébauche sera complétée selon une forme que je n'ai pas encore déterminé.

FT-02 - Manuel de tactique générale :
(1) La guerre est considérée comme imprévisible, l'incertitude est intégrée, la confiance, la décentralisation et l'auto-discipline sont privilégiées, et les communications sont en réseau.
(2)  La guerre est considérée comme prévisible, le déterminisme est privilégié, le contrôle, la centralisation, la confiance et la discipline formelle sont adoptées, et les communications sont verticales.

vendredi 18 mars 2011

Stratégie militaire soviétique par le Maréchal Sokolovsky

L'arme nucléaire est actuellement une arme de non-emploi. Une guerre mondiale, bloc contre bloc ou alliance contre alliance, n'est pas d'actualité immédiate. J'ai décidé de commenter régulièrement Stratégie militaire soviétique du Maréchal Sokolovsky. Il nous donne une image stratégique très différente de la période actuelle, où finalement il n'y a que peu d'antagonismes entre modèles stratégiques et de débats de fond. Un exemple. Au début des années 60, le maréchal Vassili Sokolovsky affirmait que la future guerre mondiale serait marquée par une utilisation massive des armes nucléaires dès sa phase initiale – voire de manière préventive, visant à obtenir « l’anéantissement ou la capitulation de l’adversaire dans les plus brefs délais ». Selon lui, les forces terrestres au contact avaient pour mission d’exploiter la destruction de l’adversaire. Les forces conventionnelles ont même parfois été considérées comme étant la réserve des forces nucléaires.




Je commenterai les chapitres suivants :
  • Information générale sur la stratégie militaire
  • Stratégie militaire des pays impérialistes et leur préparation à de nouvelles guerres
  • Développement de la structure militaire soviétique
  • Nature de la guerre moderne
  • Le problème d'organisation des forces armées
  • Méthodes de conduite de la guerre
  • Préparation d'un pays pour repousser une agression
  • Direction des forces armées

Présentation de l'éditeur :
Depuis 1945, l'URSS vit dans le souvenir des millions de morts de l'invasion allemande, et la hantise de l'encerclement nucléaire américain.
Conçu sous la direction du maréchal de l'Union soviétique V.D. Sokolovsky (1897-1968), l'un des meilleurs chefs d'état-major de la Grande guerre patriotique - Stratégie militaire apparaît comme le chaînon stratégique qui, parmi les autres chaînons (économiques ...) expriment les rééquilibrages de la société soviétique après la période stalinienne.
Il offre une synthèse des trois grandes composantes contemporaines de la stratégie soviétique :
- une certaine intégration de la science militaire par le marxisme-léninisme
- une certaine vision de la confrontation mondiale entre pays de nature sociale et de  philosophie économique différentes et de la manière dont ils se perçoivent, ou veulent se percevoir réciproquement 
- une certaine perception des mutation scientifiques et techniques par le marxisme-léninisme et la société soviétique
Stratégie militaire se propose non seulement comme un mode de traitement des conflits, une méthode de guerre, mais comme un message adressé à l'Autre, et que celui-ci doit décoder en ses divers significations et objectifs.
Dépassant sa valeur historique, cette oeuvre offre de nouvelles possibilités d'interrogations au moment où, de par l'évolution des techniques et les interrogations sur l'équilibre de la terreur et les pacifismes, la thèse soviétique de la possibilité, de la réalité, de la guerre nucléaire, se pose dans la plus proche actualité.

dimanche 13 mars 2011

La conquête du Mexique par Bernal Diaz del castillo

Le Mexique est à la mode cette année ou plutôt aurait dû l'être. La campagne de Cortes qui en 1519 lui permet de faire chuter l'Empire aztèque reste dans les mémoires comme une formidable et sanguinaire épopée, dans laquelle l'intelligence côtoie parfois l'amour et la trahison. Cet affrontement a fait l'objet désinformations, car en fait, et Bernal Diaz del Castillo le montre bien, pour les Espagnols ce fut autant une guerre de l'information qu'une suite de batailles.
Comment les Espagnols (et les Antillais), aussi peu nombreux, ont-ils pu vaincre l'Empire aztèque ? Les alliances avec les Indiens ont permis de disposer de troupes nombreuses, le renseignement a été primordial pour éviter les pièges aztèques, la recherche de la gloire et la chance ont eu également leur part.


En effet, les premières expéditions coloniales du XVIème siècle avaient un but de renseignement et de découverte. Elles ont ouvert la voie à la conquête et à l’exploitation commerciale des territoires découverts. L’expédition menée par Cortes n’y déroge pas et a pu réussir grâce aux connaissances acquises lors de précédentes expéditions.

La compréhension de la culture et des rapports de force locaux a permis à Cortes de s’emparer de l’Empire aztèque avec des effectifs espagnols qui auraient été ridiculement faibles sur un champ de bataille européen du début du XVIème siècle. Aucune victoire n’eut été possible sans alliance, surtout avec un camp Espagnol divisé. Cortes a eu l’intelligence de se servir de l’insurrection des Tlaxcaltèques contre les Aztèques.

Les Aztèques disposaient de la puissance et d’un réseau de renseignement conséquent et de forces militaires redoutées. La dimension divine (Quetzalcóatl) attribuée à Cortes, dans l’imaginaire européen, semble plus le résultat, au moins initialement, des croyances du peuple que de celles l’empereur (qui a cherché à faire assassiner Cortes avant son arrivée à Mexico). Il est parfaitement informé des expéditions espagnoles des années précédentes, des déplacements de Cortes, de ses forces mais aussi de ses faiblesses.





Présentation de l'éditeur
Bernal Diaz n'a pas vingt ans lorsqu'il s'embarque en 1514 pour le Nouveau Monde. En 1519, il participe à l'expédition dirigée par Cortés vers le Mexique où une poignée d'Espagnols en quelque dix-huit mois vont parvenir à défaire l'Empire aztèque. C'est cet exploit militaire exceptionnel, l'une des grandes expéditions qui ont marqué notre imaginaire occidental, que relatera quarante ans plus tard le conquistador devenu chroniqueur. Pas à pas, jour après jour, il raconte, dans une prose quasi journalistique, les enjeux internes du pouvoir, le cérémonial entourant la conquête, les habiles tactiques de Cortes pour approcher l'empire de Montezuma puis celui de Cuauhtémoc, le choc des croyances et le tourbillon des batailles jusqu'à la chute de Mexico.

Biographie de l'auteur
Né vers 1500 à Medina del Campo, mort au Guatemala en 1581, le conquistador Bernal Diaz del Castillo fit de sa vie son œuvre : grand témoin de l'histoire dont il est l'un des plus actifs acteurs, il révèle aussi de vrais talents de narrateur, qui font dire dans sa présentation à Gérard Chaliand, spécialiste confirmé des questions de stratégie et de géopolitique, que "Bernai Diaz égale par le talent le Xénophon de L'Anabase et le surpasse par l'ampleur du récit'.