jeudi 17 février 2011

"La campagne du Mexique", batailles et contre-guerrilla

Je viens de terminer le très agréable "La campagne du Mexique, Récits de soldats 1862-1867" de Jean-François Lecaillon. Cet ouvrage permet de découvrir cette campagne peu étudiée et méconnue, y compris dans les rangs de l'armée française. Quelques lignes de mise en perspectives séparent les récits d'officiers (principalement) ayant participé à cette guerre lointaine. Le rythme du livre permet de se prendre au jeu des narrations. Cela nous éclaire sur une phase de l'histoire mexicaine dont le souvenir subsiste au Mexique bien plus qu'en France. Cette ingérence dans la politique intérieure a été difficilement comprise et "digérée".




30 000 hommes ont été envoyés au Mexique par la France, entre 1862 et 1867. 6 654 y moururent de maladie ou des combats et avec eux une part du prestige de l'armée française. A part le récit de Camerone, dont la mémoire reste vive grâce à la Légion étrangère, cette campagne est largement oubliée car ce fut un échec et la guerre de 1870, échec encore plus grand, l'a masquée. Cette guerre fut une guerre de contre-guérilla multinationale, une guerre d'embuscades, ponctuée quelques combats réguliers. Le manque d'effectif français a progressivement amené le corps expéditionnaire à abandonner le terrain à la guérilla, à l'exception de quelques centres de contrôle. 

Ainsi, on apprend des informations très intéressantes sur les motivations politiques de la campagne et son déroulement, du débarquement à Vera Cruz (comme Cortès) à l'exécution de Maximilien d'Autriche immortalisée sur une fresque du Palacio nacional. L'auteur nous parle de nombreuses batailles qui ont ponctué cette guerre : Puebla, Camerone, Cholula, Teocaltiche, Bagdad, Ixmiquilpan, etc. 

Finalement, on apprend que les Etats-Unis et la France (sans doute sur qui représente la France) ont combattu entre eux, ce qui est souvent méconnu (dont moi). Lors de la bataille de Bagdad, à l'embouchure du Rio grande, la flotte et l'armée française, des troupes impériales mexicaines et autrichiennes combattent contre des régiments noirs américains envoyés en appui des rebelles mexicains. Cet évènement n'a pas dégénéré en guerre franco-américaine en raison de la volonté de Paris de l'éviter, avec la fin de la guerre de sécession.


En résumé, c'est une très bonne lecture.

Présentation de l'éditeur
La campagne du Mexique : récits de soldats 1862-1867 par Jean-François Lecaillon
Bernard Giovanangeli
2006, 20 euros
ISBN : 2909034976

Le 8 janvier 1862, un corps expéditionnaire français débarque dans le port de Vera Cruz. La campagne du Mexique commence. Elle va durer cinq ans. 30 000 soldats, parmi les meilleures troupes de l’armée du Second Empire, vont y prendre part. L’ambition de Napoléon III est de bâtir un Empire latin dressé face aux États-Unis d’Amérique. La couronne de cet État rêvé plus que réel sera offerte à Maximilien de Habsbourg.

Les témoignages des combattants permettent de saisir au plus réel ce qu’est cette guerre d’illusions, d’embuscades et de représailles sur cette terre brûlante du Mexique. Le sacrifice d’une poignée de légionnaires, à Camerone, immortalise les combats contre les guérilleros de Juarez.
Du siège de Puebla à l’entrée des Français dans Mexico, les récits présentés ici font revivre les exploits militaires, les misères, les déceptions et les mille périls de cette expédition lointaine, qui prélude au drame de 1870.
Florence cassez 

mardi 15 février 2011

Les Guerres low cost au Concorde

Pour leur cinquième édition, je serai au Concorde pour présenter Les guerres low cost. Venez donc nombreux pour ce « CGS5 » qui se tiendra le jeudi 24 février 2011, 19h00, au Café le Concorde 239, boulevard Saint-Germain (Paris VIème, métro : Assemblée Nationale). Entrée libre.
Le livre est disponible, dans les librairies, chez l’éditeur (l’Esprit du livre) et les sites de vente en ligne. Un site dédié a été ouvert dans lequel des articles complémentaires sont mis en ligne.

lundi 14 février 2011

Le cygne noir de Taleb, comprendre le hasard et l'incertitude

Le hasard, concours de circonstances inattendu et inexplicable, est intimement lié à l’absence d’exhaustivité de l’information disponible. Le hasard recouvre des réalités très différentes. Selon la typologie de Benoit Mandelbrot, il est soit sage (ou bénin), soit sauvage. Avec le hasard sage, les petites incertitudes ont tendance à s’annuler et aucun évènement n’est décisif par rapport aux autres. Avec le hasard sauvage, un seul évènement, par essence peu prévisible, remet en question radicalement une situation stable. Ces notions sont intéressantes pour tous ceux qui s’intéressent à la stratégie (grande, économique, militaire, etc.). Les situations complexes sont soumises à ces deux hasards simultanément.

Ces quelques lignes sont pour vous conseiller la lecture de "Le cygne noir" de Nassim Nicholas Taleb. Je ne résiste pas à la retranscription de l’exemple de la dinde qui explique bien que le passé n’explique pas toujours l’avenir.
Prenez une dinde que l’on nourrit tous les jours. Chaque apport de nourriture va la renforcer dans sa croyance que la règle générale de la vie est d’être nourrie quotidiennement par de sympathiques membres de la race humaine « soucieux de ses intérêts », comme le disent les hommes politiques Le mercredi après-midi précédent Noël, quelque chose d’inattendu va arriver à la dinde, qui va l’amener à réviser ses croyances.
La confiance et le sentiment de sécurité de la dinde augmentaient en proportion du nombre de fois, de plus en plus important, où on la nourrissait alors que chaque instant la rapprochait de sa mort violente. C’est la limite des méthodes inductives.
Une dernière citation pour la route : Rater le train n’est pénible que lorsque l’on court après !


Présentation de l'éditeur :
Quel est le point commun entre l'invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet? Pourquoi ne devrait-on jamais lire un journal ni courir pour attraper un train? Que peuvent nous apprendre les amants de Catherine de Russie sur les probabilités? Pourquoi les prévisionnistes sont-ils pratiquement tous des arnaqueurs? Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie: ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle. Dans cet ouvrage éclairant, plein d'esprit et d'impertinence, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos de certains "experts", et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l'incertitude.
  • Titre Le cygne noir: la puissance de l'imprévisible
  • Auteur Nassim Nicholas Taleb
  • Éditeur Belles Lettres, 2008
  • ISBN 2251443487, 9782251443485
  • Longueur 496 pages
Image Credit: Don Davis, NASA

samedi 5 février 2011

Précis des guerres de Jules César par Napoléon


Quelques commentaires sur le Précis des guerres de Jules César, écrit à Sainte-Hélène sous la dictée de l'empereur Napoléon Ier. Ce texte décrit les guerres ou plutôt les batailles et les opérations menées par Jules César en Europe de l'Ouest : Gaule, petite et Grande Bretagne.

Wiki
On aurait pu s'attendre au commentaire d'un grand homme politique sur un autre grand homme politique mais c'est d'abord en général que Napoléon aborde l'épopée de César.
Il commente les campagnes années par années, en comparant parfois les conditions tactiques du 19ème et du Ier siècle avant JC. J'ai trouvé les commentaires sur les fortifications et les sièges particulièrement intéressants. Ce texte que je conseille pour ses conclusions tactiques pragmatiques et non théoriques, est à lire. Un seul bémol, il faudra convertir les unités utilisées en système métrique.

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